Maman • Quentin Gréban et Hélène Delforge

Maman.

Un des premiers mots du monde.

Un nom unique, porté par des milliards de femmes.

Un mot pour dire l’amour, la tendresse, le lien, parfois le manque.

Il y a autant de mamans qu’il y a d’enfants.

Pourtant, sur tous les continents,

lorsqu’elles prennent leur bébé dans les bras, les mamans se ressemblent.

 

Dédié aux mamans de tous les temps et du monde entier, Maman est un album splendide !

Je connaissais et appréciais déjà le travail de l’illustrateur belge Quentin Gréban (partez à la découverte de sa version de Peter Pan, du Livre de la jungle, de son histoire de Saint-Nicolas ainsi que de tous les adorables animaux qui peuplent ses albums !) C’est donc avec une avide curiosité – je venais de mettre ma petite fille au monde – que je me suis ruée sur celui-ci.

D’emblée, la première de couverture, aux teintes « vert-j’espère », promet tendresse, douceur et émerveillement. J’ai ouvert le livre, sans m’attendre à un tel saisissement d’émotions.

Chaque double page est une histoire brève évoquant la mère et l’enfant. Un texte simple et poétique d’Hélène Delforge – son style nature et sans détour va droit au cœur – fuse en miroir d’une aquarelle de Quentin Gréban. C’est ainsi que la poésie et le dessin se soutiennent, s’unissent, s’entremêlent et le résultat est tout simplement d’une grande beauté.

Les mamans sont dépeintes avec justesse, telles quelles : empruntes d’amour et douceur, certes, mais aussi de doutes, de culpabilité, de regrets, de frayeur, d’agacement ou de tristesse… Et c’est d’ailleurs ça qui fait toute la force de cet album :  un tableau de la maternité sincère, vrai et dénué de mièvrerie. En fait, ce qui est drôle et émouvant, c’est qu’en lisant ce livre, on se reconnait : on voit l’enfant que l’on fut, l’enfant que l’on a, la mère que l’on eut, la mère que l’on est… On se projette aussi et la littérature, c’est l’un de ses rôles primordiaux je pense, engendre la communion. À chaque lecture de Maman (je crois l’avoir déjà dévoré une vingtaine de fois !), je souris, je pleure, je m’enchante.

Le trait de Gréban est d’une imminente délicatesse, jusque dans les détails les plus fins. Les couleurs sont douces et vives, à l’instar des mots de Delforge. Le recueil touchera incontestablement le jeune lecteur, c’est néanmoins l’adulte qui y percevra les nuances.

Somme toute, Maman est un coup de cœur comme j’en ai peu ! Toutefois, quelques portraits en sont étonnamment absents : la mère qui attend sans relâche l’enfant qui ne vient pas, ou encore la maman adoptive… N’en déplaise, cela avive en moi l’espoir de voir paraître un second opus. Qui sait ?

© Mijade, 2018

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